Louis Biron

artisan designer du vivant

J'ai voulu faire parler cette nature qui m'en avait tant dit et la ciselure qui m'en a tant appris. Ceux-là mêmes qui m'émerveillent, qui me portent et me font rêver.

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Démarche

Ma découverte du monde m'a conduit à porter un regard très particulier aux toutes petites choses vivantes qui nous entourent. Ces êtres qui grouillent, rampent ou volent. Ceux qui vivent à deux, à trois ou par millier. Ceux qui poussent vers le haut, la tête en bas et qui finissent par nager. Cette nature autant fantaisiste que fascinante est devenue mon partenaire de jeu, mon sujet d'étude et mon inspiration.

À l'origine, j'ai eu un besoin de faire. Faire avec ma tête, mais aussi avec mes mains. Émerveiller par la matière, j'ai édifié ce monde à moi, parsemé de poupées en fil de fer brodé et de bijoux. Des bijoux pour vous.

Puis il y a eu la découverte de la ciselure, de la création à partir de rien, ou presque rien : une feuille de métal. Je sculpte et déforme cette matière, parfois hypnotique. J’y retrouve un contraste qui me plaît, qui me ressemble.

Un métier dont la beauté réside dans son expression humaine, sa capacité a animer et à donner vie. Une pratique qui exclut la production en série, l'aliénation humaine et invite à la recherche et la découverte de l'inattendu. La ciselure est un langage subjectif qui tisse un dialogue et invite à l'échange. Elle prend son temps, hors du temps.

Je suis ce nouvel artisan, celui qui est capable de remettre en cause son savoir-faire parfois antique, mais aussi de collaborer de manière respectueuse avec le vivant. Un Artisan qui ne conçoit pas son oeuvre comme totale, mais accepte cette « autre » naturelle. Une association expérimentale à la recherche de l'inattendu et explorant les limites entre les arts.

Univers

Ici commence un monde sans fin, balancé entre Nature et Artisanat d’Art. Il s’est édifié à travers la matière et le volume grâce à la recherche et la maîtrise. Parsemé de desseins, il privilégie le processus à la finalité, l'inattendu à l'espéré.

ID-VIA / Idées déviées

Bronze - cuivre et laiton doré - Aimants - Matériaux électriques - 280 x 160 x 140 - 2012 / 2013

De par sa polysémie, le pli est omniprésent dans nos vies. Du latin « plicare », signifiant « plier, replier », mais aussi « enrouler », il peut évoquer une forme circulaire et une notion cyclique. « Enrouler », c’est rouler une chose sur elle-même ou l’envelopper dans quelque chose. Ces deux définitions évoquent l’involution qui est « le développement inverse de l’évolution ». L’involution et l’évolution, le fait de se plier, de s’enrouler ou de se déplier ont rythmé ma réflexion sur la relation de l’Homme à la nature. L’essor technique et industriel du XIXe siècle a profondément modifié le rapport de l’homme à la nature : « le développement aveugle de la technique et de l’industrialisation, aiguillonné par l’appétit du profit, met en péril notre rapport à la nature et la nature elle-même » (Pierre Hadot, Le voile d’Isis, essai sur l’histoire de l’idée de Nature, publié en 2004).

La démarche expérimentale de mon projet m’a permis de concilier mon intérêt pour la nature et mon savoir-faire artisanal. Restitué dans certaines tendances actuelles, et notamment au travers de l’exposition « En vie, aux frontières du Design» (fondation EDF), mon projet de diplôme s’inscrit dans cette nouvelle catégorie émergeante : les nouveaux artisans.

Un nouveau processus de création mettant en valeur deux acteurs : une nature dépassée par les bouleversements environnementaux et la ciselure, qui souffre d’une vision altérée d’une pratique ancestrale.

L’Homme dans son dessein comprend l’intervention aléatoire et instinctive d’être vivant issu de la nature. Le cadre d’expression est commun, l’intervention séparée dans l’espace-temps, permettant de créer cet objet hybride, bref reflet d’une réconciliation entre l’Homme et la nature. Ma pièce de diplôme s’incarne en un luminaire, véritable objet frontière entre une création artisanale totale et une expression libre et naturelle.

A mi-chemin entre l’objet d’art appliqué et l’objet d’art pur, mon projet explore et questionne les limites entre les arts. Une collaboration dont l’objectif est d’amener l’Homme à porter un autre regard sur la Nature et sur lui-même. La valorisation, la réinsertion du vivant dans notre environnement sont favorisées par le caractère luxueux et fonctionnel de l’objet : « Nous vivons dans un monde si totalement transformé par l’Homme que nous rencontrons partout les structures dont il est l’auteur… De sorte que l’homme ne rencontre plus que lui-même »

Lion Blanc

Sculpture en terre, tirage plâtre - 40 cm - 2013 / 2014

Ce projet d’anatomie comparée m’a permis d’appréhender le vivant à travers l’étude de ses formes et de ces fonctions. Une observation scientifique me conduisant à représenter la nature de manière réaliste et à entrevoir des procédés de stylisation.

Mon intérêt s’est porté sur le Lion blanc, figure naturaliste universelle et culturelle dont la beauté s’incarne par sa complexité physique mais aussi symbolique car il est l’objet de nombreuses croyances.

Collier Makarakanti

Pièce de style, Inde du sud, 19 ème siècle, or, reproduction en cuivre et laiton doré - repoussé et chemisé - 35 cm / 21,3 cm - 2011 / 2013

« Le jour des noces de Shiva, un envoyé du roi des démons arriva à la cour, porteur d’un message dans lequel ce dernier exigeait que Parvati devînt sa femme. Shiva entre dans une colère noire et fit naître un monstre hybride, mi-homme, mi-lion, pour dévorer le messager.

Celui-ci se jeta aux pieds du dieu pour implorer sa clémence : il n’était que l’émissaire du roi des démons, Shiva lui pardonna et le renvoya chez lui.

Mais la créature née de la colère du dieu, privée de son repas, réclamait que sa faim fût assouvie. Shiva lui conseilla alors de se manger elle-même. Il ne reste bientôt que sa tête.»

Mon martyr

Sculpture en cire, tirage en bronze, palladium brillant laqué - 6 cm de hauteur - 2015 / 2016

Cerambyx cerdo, insecte royal dont émane une certaine prestance, figure étrange peuplant nos espèces arboricoles, dont l'insatiable appétit les met parfois en péril. Mais les rois ont d'autres soucis. Un scarabée pourvu d'une paire d'antennes démesurément grandes : deux fois la longueur de son propre corps, si ce n'est plus ! Question d'Orgeuil, s’il avait pu, il les auraient eues plus grandes. La taille ça compte, surtout pour lui, car c'est celui qui à la plus grande, paires d'antennes, qui deviendra le roi des rois. Et c'est sans aucune manière qu’il nous les agite sous le bout du nez, comme si on avait eu envie de les mesurer. Mais les plus raffinés d'entre eux, en ont fait une étrange danse qui semblent nous hypnotiser.

Mon Martyr est un challenge personnel, illustré par une capacité technique permettant de représenter le vivant au plus proche de la réalité. Produit de mon regard, il s'élève vainement en une représentation fantasmée de la Nature. C'est à travers lui que l'on peut desceller, ses quelques caractères « dé-naturer ». Classifié ou crucifié, mon martyr se joue de nous. Aux yeux de tous, il s'illustre dans une double et dernière danse, entre nature et artifice.

Disctinctions

prix

Prix

Lauréat du Grand prix de la Création, Fèvres 2015
Pièce prisé : Luminaire « ID-VIA / idées déviées »

expositions

Expositions

Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris « De l’os au bois »
17.12.2014 - 16.03.2015

IFRAM - FÈVRES, invité par l’association Etto
16.10.2015 - 18.10.2015

Musée des arts et métiers « Création - innovation »
10.09.2014 - 21.09.2014

La Serre à Orgueil, exposition de bijoux
01.09.2009 - 30.09.2009

Contact Louis Biron
Louis Biron artisan designer du vivant

Diplôme des métiers d’art - Option Ciselure à l’école Boule en 2011/2012 avec félicitations du jury.

+336.98.25.45.44
louis.biron@gmail.com